Et si l'on disruptait les voeux de bonne année ?

Et si l'on disruptait les voeux de bonne année ?

UPDATE du 12 mars 2020: Parce qu'il n'est jamais trop tard pour souhaiter quelque chose de bien en cette année particulière, je vous souhaite une excellente année 2020 ! En effet, suite au constat du Président de la République que “cette épidémie constitue la plus grave crise sanitaire qu’a connue la France depuis un siècle”, je pense plus que jamais que nous devons nous souhaiter ce qu'il y a de meilleur... en commençant par la santé évidemment, et sans oublier de transformer cette crise en opportunité... opportunité business, mais opportunité surtout de se reconnecter, même à distance, avec des personnes qui nous sont chers par exemple.

Entre bienséance, condescendance et hypocrisie, les voeux de bonne année résistent. Et comme vous vous en doutez à la lecture de cette première ligne, je ne suis pas un amateur absolu de ces derniers. Pourquoi ? Parce que la plupart du temps, ils ne servent à rien. Ils prennent du temps, ne résolvent aucun problème, n'aident personne et ne font que s'ajouter à une longue liste d'obligations sociales qui nous enterre au quotidien. Serait-ce là la mauvaise humeur d'un entrepreneur aigri ? Non, bien au contraire. Car, ces traditionnels voeux de bonne année j'ai bien envie de les faire voler en éclat.

Entre traditions et obligations : pourquoi envoyons-nous des voeux ?

Le 1er janvier et la nouvelle année symbolisent un nouveau départ. Une nouvelle strate temporelle qui permet de se relancer et qui existe depuis très longtemps. Jusqu'au 17e siècle, la tradition consistait à se déplacer chez ses proches pour souhaiter en personne les vœux de bonne année. Puis le papier prit progressivement ce rôle, remplacé aujourd'hui par ces messages froids et impersonnels qui remplissent nos boites de réception et nos fils de notification sur les réseaux sociaux.

Pourtant, il faut souligner que la Révolution Française a tenté de faire bouger ce paradigme, jugeant alors les vœux comment étant frivoles, avilissants et fatigants. C'est ainsi que la Convention abolit le jour de l’An et interdit à quiconque de présenter ses vœux, en personne ou par courrier. Le député François Yves Raingeard de La Bletterie s'est même écrié à la tribune : « Citoyens, assez d’hypocrisie ! Tout le monde sait que le Jour de l’An est un jour de fausses démonstrations, de frivoles cliquetis de joues, de fatigantes et avilissantes courbettes... »

Ignorer les voeux, est-ce un acte militant ?

Aujourd'hui, présenter ses voeux serait donc un signe de respect. Une pratique qui consiste à se rapprocher des personnes que l'on a ignorées pendant des mois, mais qui soudainement nécessite qu'on se rappelle à leur bon souvenir.

En France, la tradition des voeux vit du 1er au 31 janvier. Dans le monde anglo-saxon, à l'inverse, il faut envoyer ses vœux en décembre, un peu avant les fêtes de fin d'année.

Dans tous les cas, c'est un passage obligatoire pour la plupart des gens. Et comme toute obligation, elle se résume par une tâche sans saveur et sans chaleur en envoyant de multiples messages en mode automatique qui n'ont aucune valeur profonde. C'est un peu le même principe que lorsque des personnes dont vous ignorez tout vous souhaitent un bon anniversaire sur LinkedIn parce qu'une notification a attiré leur attention.

Fatigué de cette obligation, cela fait très longtemps que je n'adresse plus mes voeux. Non seulement je n'en avais plus le temps, mais surtout, je préfère ne pas faire plutôt que de mal faire. Et si les dizaines de messages standardisés qui m'assaillent dès le 1er janvier m'insupportent, j'imagine que je ne suis pas le seul dans cette situation.

Le problème est que cette décision m'a aussi coupé d'un certain nombre de personnes. Et parfois, souhaiter la bonne année est aussi l'occasion de dire à une personne que l'on pense à elle, que ce soit des amis perdus de vue, d'ancien s collègues que j’aimerais revoir pour le plaisir ou pour le business.

Alors que faire ?

Tiraillé entre agacement et nécessité d'évoluer dans un monde où je serai socialement accepté, j'ai envie de faire les choses différemment. De prendre ce qu'il y a de bon dans la pratique des voeux (c'est-à-dire le fait d'envoyer un message, de prendre des nouvelles, de souhaiter sincèrement que tout aille bien, de se reconnecter à un réseau social plus ou moins proche), et de me débarrasser de ce qui m'exaspère (l'obligation sociale, l'uniformisation et l'embouteillage des messages).

Et si on pouvait disrupter les voeux de bonne année ?

Pour cela, je pense à plusieurs idées :

  • Présenter ses voeux à un autre moment de l'année. Pourquoi pas en mars ? Pourquoi pas à la rentrée de septembre ? Ou à toute autre date qui semble plus appropriée. On souhaite bien le bonjour, un bon après-midi ou encore une bonne soirée en fonction du moment de la journée, pourquoi n’en serait-il pas de même pour une année ?
  • Prendre réellement le temps de dire à notre entourage personnel et professionnel que je les aime et que je pense à eux en les appelant, en allant leur rendre visite ou en leur écrivant une carte au format papier ou un email qui soit réellement personnalisé.
  • Inviter mes interlocuteurs à consacrer deux heures de leur temps pour souhaiter la bonne année à des gens qui n'ont aucune raison de passer une bonne année : des personnes qui vivent dans la rue, des élèves en difficulté, des enfants malades, des femmes maltraitées, des travailleurs en burn-out, etc.
  • Si vous avez un poste à responsabilité (manager, COO, CEO, etc.), c'est à vous d'aller voir vos équipes pour leur souhaiter une bonne année. Il faut passer du temps avec ses collaborateurs et s'intéresser à leurs situations personnelles pour comprendre leur difficulté, leurs envies et leurs projets.

Ne sachant pas trop si je dois encore vous souhaiter une bonne année après cette prise de position, je vous souhaite néanmoins de réussir dans vos projets et de penser un peu plus aux autres en 2020. C'est plus facile, plus gratifiant et moins pénible que d'envoyer ses voeux à la chaîne ! ;)

SALIME NASSUR

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